Sir Joshua Reynolds, Portrait of Lady Elizabeth Somerset


Andrew Eschelbacher, conservateur, sur l’image de l’enfance

Transcription:

Je n’aime pas forcément les portraits ; surtout les portraits de personnes que je ne connais pas. Mais ce que j’apprécie vraiment dans ce portrait de Reynolds, c’est l’intensité, la relation qu’on peut établir avec cette fillette qui nous regarde tandis que nous la regardons. Elle a un regard très fort, perçant, une chose à laquelle on ne s’attend pas. Ce regard m’attire vers le tableau, il me captive.

Elle a de petits doigts potelés, que Reynolds a peint d’une manière tout à fait exquise et elle porte des gants, visiblement trop grands pour elle qui plissent le long de son bras et la manche de sa robe est aussi beaucoup trop longue. On voit comment il l’a attachée, juste entre le coude et le bras, afin qu’elle ne glisse pas.

Reynolds ne se limite pas à montrer que c’est une enfant, qu’elle est petite et que ses vêtements sont peut-être trop grands pour elle. C’est aussi l’occasion pour lui de jouer avec les textures, de jouer avec les plis, de jouer avec les ombres. Reynolds démontre ainsi son immense talent, ce qui indique clairement le statut social de ses modèles.

Reynolds n’était pas seulement l’un des portraitistes les plus remarquables du XIXe siècle en Europe. Il était aussi très influent parce qu’il était président de la Royal Academy, où se formait un grand nombre d’artistes qui ont ensuite travaillé aux États-Unis et en Angleterre.