Pierre-Auguste Renoir, Confidences


Des détails qui révèlent des sous-entendus, par Andrew Eschelbacher, conservateur

Transcription:

Voici un fantastique tableau de Renoir. Dans un sens, on voit sa grande capacité à peindre la lumière, ces touches de lumière qui filtrent au travers des arbres et dont la robe de la femme est mouchetée. Renoir et les autres impressionnistes ont complètement innové avec cette façon de capturer la lumière, tel qu’on la perçoit réellement.

Ce qui est superbe dans cette œuvre, c’est qu’elle explore les angoisses sociales de l’époque. On voit ce couple dans un endroit isolé, un peu en dehors de Paris, mais on ne sait pas qui sont ces personnages. Le bras de la femme est posé sur l’épaule de l’homme, ce geste semble intime. De la jambe, elle frôle son mollet gauche. Ils sont seuls. Elle ne porte pas d’alliance. Elle n’est donc pas mariée et, chose importante au XIXe siècle, elle n’est pas accompagnée par un chaperon. Renoir relève un tout petit peu le bas de sa jupe et dessine le contour de ses chaussures avec des traits sombres. Ces chaussures roses ajoutent un caractère un peu osé à la scène. Vous voyez ce chien, sur le côté ? Les chiens — surtout les petits chiens blancs — étaient des attributs communs des courtisanes à la fin du XIXe siècle. Les courtisanes, les prostituées, étaient un sujet très courant dans l’art et dans la littérature des années 1870-1880. Au moment de la révolution industrielle, des masses d’hommes et de femmes sont arrivées à Paris depuis la province et les rapports sociaux traditionnels du XIXe siècle ont ainsi cédé sous le poids de la nouvelle société industrialisée. C’est cette période-là que les impressionnistes ont réussi à représenter.