Frederic Edwin Church, Mt. Katahdin from Millinocket Camp


Diana Greenwold y voit une histoire personnelle

Transcription:

Nous sommes en quelque sorte devant une image de type spirituel. On remarque tout de suite que la figure humaine est minuscule dans cette œuvre de Frederic Edwin Church. Il y représente un homme, seul, dans un canoë sur le lac Millinocket. Church possédait lui-même une petite maison au bord de ce lac. Ce qu’on voit ici, c’est une très, très petite silhouette, seule, qui regarde le Mont Katahdin teinté de mauve et de rose spectaculaires, enveloppé d’une sorte de lumière dorée tombant tout droit du paradis. Il faut voir, savoir que c’est une œuvre très tardive dans la vie de Church, l’une de ses dernières. Il l’a peinte alors qu’il souffrait d’arthrite, ce qui est assez remarquable quand on pense à la minutie des détails. Il prend encore vraiment le temps de faire serpenter les cascades qui descendent le long des pentes du Mont Katahdin. Regardez ce personnage dans le canoë qui passe de la lumière à l’ombre, au fur et à mesure qu’il avance vers un bosquet. On peut presque interpréter cela comme le cycle de la vie. D’ailleurs, Church utilise très clairement ces termes pour parler de ce tableau dans une lettre à sa femme où il évoque la fin de sa vie et de sa carrière artistique. Il utilise des termes faisant référence à la nature.


On a le sentiment d’assister à un crépuscule très calme, très silencieux, l’eau est immobile. Et on a l’impression qu’on pourrait presque entendre le « plic ploc » de l’eau qui coule de la rame pendant que le canoë traverse cette scène très doucement, très lentement.