Benjamin Paul Akers, The Dead Pearl Diver (Le Plongeur de perles décédé)


Pour Andrew Eschelbacher, conservateur, il s’agit d’une « belle mort »

Transcription:

En regardant de près le filet renfermant les coquillages qui ont entrainé le pêcheur de perles mort vers le fond de la mer, on remarque de nombreux détails extraordinaires. On peut opposer la texture de ce filet à celle de la peau, lisse et élégante, qui s’étend des pieds de la sculpture à son torse gonflé, à ses bras rejetés au-dessus de la tête et à son visage idéalisé. On dirait qu’il dort, toutefois le titre nous indique qu’il est mort. C’est comme si les vagues l’avaient déposé sur le rivage, mais si on regarde bien la façon dont les coquillages alourdissent le filet et le maintiennent vers le bas, on peut aussi penser que le pêcheur est au fond de l’océan. Il n’y a pas d’interprétation claire. Par contre, ce qui est très clair, surtout lorsqu’on pense à l’époque à laquelle Akers a réalisé cette statue, c’est-à-dire le milieu du XIXe siècle, au plus fort du mouvement romantique, ce qui est très clair c’est l’image d’une « belle mort ». La mort comme un sommeil final.

L’artiste, Benjamin Paul Akers, est né dans le Maine, mais vécu en Italie. Il est malheureusement mort de tuberculose lorsqu’il avait une trentaine d’années. Il est très tentant de voir un parallèle entre l’artiste et ce jeune héros qui plonge au fond de l’océan à la recherche de perles, à la recherche de la beauté. L’artiste lui aussi est passionnément et intensément engagé dans cette recherche de beauté, presque de la même manière.